ENQUETEDes « restes humains » retrouvés en Amazonie, un suspect passe aux aveux

Disparus en Amazonie : Des « restes humains » retrouvés, un suspect dit avoir enterré les corps

ENQUETEUn journaliste britannique et un expert brésilien ont disparu il y a dix jours
Un policier brésilien escorte un suspect sur le lieu de la disparition du journaliste Dom Phillips et de l'expert Bruno Pereira, le 15 juin 2022
Un policier brésilien escorte un suspect sur le lieu de la disparition du journaliste Dom Phillips et de l'expert Bruno Pereira, le 15 juin 2022 - Edmar Barros/AP/SIPA / Pixpalace
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Il n’y a malheureusement plus de doute. Un suspect arrêté après la disparition il y a dix jours du journaliste britannique Dom Phillips et de l’expert Bruno Pereira en Amazonie a reconnu avoir enterré leurs corps et des « restes humains » ont été retrouvés sur les lieux des recherches, a annoncé la Police fédérale brésilienne mercredi.

« Hier soir nous avons obtenu les aveux du premier des deux suspects arrêtés (…) qui a raconté en détail comment le crime a été commis et nous a dit où les corps avaient été enterrés », a expliqué en conférence de presse le chef de la Police fédérale de l’Etat d’Amazonas, Eduardo Alexandre Fontes, qui a indiqué que le suspect avait reconnu avoir participé au « crime », mais sans préciser son rôle.

« Des excavations ont été effectuées sur place, les fouilles vont continuer, mais des restes humains ont déjà été retrouvés », a-t-il ajouté. « Dès que nous aurons pu vérifier grâce à l’expertise qu’il s’agit bien de restes des corps de Dom Phillips et Bruno Pereira, ils seront restitués aux familles ».

Effets personnels retrouvés

Quelques heures avant cette annonce, les caméras de télévision avaient filmé l’un des deux suspects arrêtés sortant d’un commissariat pour être amené en bateau sur les lieux des recherches menées par les forces de l’ordre.

Le premier suspect, Amarildo da Costa de Oliveira, un pêcheur âgé de 41 ans surnommé « Pelado », a été arrêté dès le 7 juin. Des témoins ont dit l’avoir vu passer à vive allure à bord d’un bateau allant dans la même direction que l’embarcation de Dom Phillips et Bruno Pereira, avant leur disparition.

Le second suspect, Oseney da Costa de Oliveira, dit « Dos Santos », a été arrêté mardi, « soupçonné de participation à l’affaire », selon la police fédérale. Dimanche, les autorités avaient annoncé avoir retrouvé des effets personnels des deux disparus.

Zone dangereuse

Le journaliste britannique et l’expert brésilien avaient été vus pour la dernière fois le 5 juin, durant une expédition dans la zone de la Vallée de Javari. Cette région proche de la frontière avec le Pérou et la Colombie est réputée très dangereuse, s’y déploient de multiples trafics de drogue, de pêche ou d’orpaillage illégal. Elle est devenue ces dernières années un axe stratégique pour les gangs de narcotrafiquants qui acheminent par voie fluviale de la cocaïne ou du cannabis produits dans les pays voisins du Brésil, notamment la Colombie et le Pérou.

Auteur de dizaines de reportages sur l’Amazonie, Dom Phillips, 57 ans, s’était rendu une nouvelle fois dans la région dans le cadre de ses recherches pour un livre sur la préservation de l’environnement. Bruno Pereira, 41 ans, expert reconnu et défenseur des droits des peuples autochtones, a travaillé durant de nombreuses années à l’agence gouvernementale brésilienne pour les affaires indigènes (Funai). Il a notamment dirigé l’antenne de la Funai à Atalaia do Norte (nord-ouest), localité où les deux hommes étaient censés rentrer en bateau quand ils ont disparu, ainsi qu’un programme de protection de groupes indigènes isolés de la Vallée de Javari.

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